L’histoire du Château

Construit dès la fin du 15e siècle, entièrement détruit par un incendie à la fin du 17e, le Château de St-Maurice est opportunément placé, comme un verrou, à l’entrée de la vallée du Rhône. Il a tour à tour servi de siège de gouverneur, de poste de garde et de de douane, ainsi que, entre le 18e et 19e siècle comme orphelinat, asile pour vieillards, école militaire, cantonnement de troupes ou prison. Le 20e siècle l’a découvert sous des jours moins actifs mais plus ouverts vers le grand public avec, après une lourde rénovation dans les années 70, la fonction de musée cantonal militaire valaisan. Le Château est aujourd’hui un lieu pour les réceptions du Conseil d’Etat valaisan ainsi qu’un espace d’exposition dédié au dessin, au dessin de presse et à la bande dessinée…. Comme un clin d’œil au célébrissime peintre Turner (1775-1851) qui un jour s’arrêtât devant le Château pour en faire un romantique portrait.

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Image Turner

Amorcée à la fin du 15e siècle, entre 1476 et 1482, la construction du Château de St-Maurice s’est portée en plusieurs étapes. On commençât par édifier une tour avec des portes, puis une enceinte crénelée ainsi que des tours de garde. Il s’ensuivit la construction du corps principal du bâtiment et, au début du 16e siècle d’un grand mur de soutènement auquel on adjoignît une nouvelle tour avec une grande porte ogivale. Le Château fut alors progressivement associé à l’usage de siège du gouverneur ainsi que de poste de garde, de passage et de péage. Un incendie le dévastât simultanément à la ville de St-Maurice en 1693. Il fut entièrement et prestement reconstruit pour rester au fil du temps, le lieu de pouvoir de la région.

Entre douane, orphelinat, cantonnement, école militaire et prison

Le Château fut, au cours des 18e et 19e principalement dédié à des usages militaires et douaniers avant de devenir, de 1876 à 1890, un asile pour vieillards et un orphelinat pour garçons. Puis une école miliaire et, jusqu’en 1935, une prison préventive ainsi qu’un cantonnement des troupes en service dans la région. Il fut enfin à nouveau dédié à la police et la gendarmerie. Une réfection générale extérieure s’amorce en 1962, avant la réalisation entre 1969 et 1972 d’une lourde réfection intérieure. Les appartements créés dans les salles furent démolis et nombre d’éléments, tels que des salles de réception, des portes et plafonds furent entièrement reconstitués. L’une des deux salles principales de réception est aujourd’hui décorée de tous les blasons des Présidents du Conseil d’Etat valaisan (de 1815 à nos jours) et la deuxième salle, entièrement boisée, accueille les hôtes de marque de l’Etat

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Photo du Château datant de la fin du 19e.
Auteur inconnu, collection de l’Association St-Maurice d’Agaune.

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Photo : Jean-Pierre Coutaz

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La salle de réception de l’Etat du Valais. Photo : Sévérine Rouiller

Un musée cantonal militaire

Parallèlement aux travaux de réfection des années 70 le Château se mue progressivement en Musée militaire cantonal valaisan. L’exposition d’uniformes des milices cantonales et fédérales de 1815, de maquettes et d’authentiques pièces d’infanterie s’installe peu à peu jusqu’à former un véritable musée. D’impressionnants éléments d’artillerie lourde, encore visibles aujourd’hui, sont déposés sur ses extérieurs. Mais en 2003 le musée marque, faute d’une fréquentation et de moyens suffisants, un essoufflement fatal. Ses collections sont alors rapatriées à Sion.

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Photo : Denis Weidmann

Un écrin pour des expositions de dessin

Suite à la défection du musée une Fondation instituée et financée par l’Etat du Valais, la Commune et la Bourgeoise de St-Maurice se crée, en 2004. Elle se donne pour but de relancer l’attractivité du Château en renouvelant son offre culturelle. Carte blanche est alors donnée à Jean-Pierre Coutaz, artiste et professeur de dessin au collège de St-Maurice, afin qu’il programme chaque année une exposition originale autour des arts plastiques. Bien inspiré Jean-Pierre Coutaz débute son activité, dans un musée militaire à peine désaffecté, avec un hommage sur mesure au célèbre dessinateur de presse Mix & Remix, lui-même originaire de St-Maurice. Le succès est, avec 5’500 visiteurs en 6 mois, immédiat. Fort de succès Jean-Pierre Coutaz poursuit sa programmation et l’aménagement du lieu. Il institue une ligne directrice liée à des accrochages principalement dédiés au dessin, au dessin de presse et à la bande dessinée. Malgré des moyens extrêmement limités il réussit, chaque année et pour chaque exposition a attiré une moyenne de 3’500 visiteurs. Il assoit progressivement et sûrement le Château comme un lieu de référence dans le domaine du dessin. Son exposition Mordillo (2013) marque tous les records en accueillant 16’400 visiteurs. Parvenu à l’âge de la retraite Jean-Pierre Coutaz a transmis, le 31 décembre 2014, la direction du Château à Philippe Duvanel. Ce dernier, ancien directeur du festival de bande dessinée BD-FIL de Lausanne pendant 9 ans, s’est promis d’assurer la meilleure prolongation possible à l’esprit posé par Jean-Pierre Coutaz.