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Exposition L’amour en boîte

Imaginée et produite par Lettres de soie, le festival de la correspondance de Mase (VS), avec la collaboration des Archives de l’Etat du Valais, cette exposition a été présentée en octobre 2019 au dit festival et cet été, à la Médiathèque Valais – Sion.

 

A l’heure où l’on se courtise de plus en plus par le biais des applications, L’amour en boîte* évoque une caractéristique correspondance amoureuse valaisanne du début du 19e siècle. Créée sur la base des archives de l’échange épistolaire** de la riche protestante et romande Eugénie de Treytorrens (1785–1856) et du peu argenté catholique valaisan Charles d’Odet (1776 -1846) elle raconte un autre temps ; un temps de forte bienséance, où chaque mot se pesait et où l’on se courtisait avec patience et impatience, en griffant le papier et en se remettant aux messagers… sans profiter ni d’un clavier, ni d’un smartphone, ni de l’instantanéité de la communication électronique.

 

Présentée dans les combles du Château, cette exposition va bien au-delà du seul constat du jeu des époques ou des mots. Elle évoque les grands tourments de l’amour puisque Eugénie et Charles se séparèrent et se réconcilièrent douze fois avant leur rupture définitive. Etalé de 1812 à 1818 et riche de plus de 250 lettres, leur échange illustre autant l’art de la cour que celui de la crise, de la bouderie ou de la « négociation » amoureuse. A noter, enfin, que cette exposition se conjugue également au présent avec les lettres imaginées par dix autrices et auteurs de la Société des écrivains valaisans en réponse à l’ultime missive d’Eugénie à Charles.

Une ode à l’amour, au-delà du temps, à découvrir à Saint-Maurice, là-même où Charles se languissait d’Eugénie !

* titre inspiré des boîtes en carton abritant la correspondance d’Eugénie et Charles aux Archives de l’Etat du Valais.

 

**conservé aux Archives de l’Etat du Valais dans le fonds de la famille d’Odet (déposé à partir de 1947) cet échange se compose de 406 pièces dont 160 lettres d’Eugénie à Charles et 92 lettres de Charles à Eugénie. La différence entre les 406 pièces du fonds et le nombre de lettres est due au fait que Charles rédigeait un, deux, voire trois brouillons avant d’envoyer sa lettre définitive. Ces documents ont fait le bonheur de l’historien valaisan Pierre-Alain Putallaz, qui en a tiré une thèse (publiée en 1985) sur la base de laquelle l’exposition est déclinée.

 

Du 12 septembre au 15 novembre 2020, dans les combles du Château. Accès sans supplément, inclus dans le billet d’entrée de l’exposition Pinocchio.